Le Royaume d'Enampore correspond approximativement à l'espace administratif de la Communauté rurale du même nom. Quelques informations de sources administratives permettent d'en situer le contenu géographique et social.


 

1.1. Caractéristiques générales

1.1.1 Situation géographique

La communauté rurale d’Enampore est située dans l’arrondissement de Nyassia, département de Ziguinchor et région du même nom.

Elle est limitée :

  • au Nord par le fleuve Casamance qui la longe;
  • au Sud par un affluent du fleuve Casamance qui la sépare de la communauté rurale de Nyassia ;
  • à l’Est elle est frontalière avec l’arrondissement de Niaguis ;
  • à l’Ouest par le marigot de Djiromaïthe.

 Elle couvre une superficie de 183 km2 soit 39,69% de la superficie totale de l’arrondissement de Nyassia.

1.1.2. Climat

Le climat est de type soudano-guinéen dominé par deux saisons :

  • une saison sèche qui s’étale de novembre à mi-juin et ;
  • une saison des pluies de mi-juin à octobre au cours de laquelle sont menées les activités agricoles.

Les hauteurs d’eau enregistrées ces dix dernières années varient de 963 à 1653 mm, favorisant ainsi la présence de cours d’eau semi – permanents et des mares temporaires.

Relief et sols

La zone est relativement plate entrecoupée de plusieurs bas-fonds, plus ou moins vastes, servant de parcelles pour la riziculture. Elle présente également de vastes étendues mortes (les estuaires).

On rencontre différents types de sols :

  • sols de mangroves (sols salés ou tannes) sur environ 8.300 hectares surtout à Etama, Bandial, Batiguère 1 ; c’est principalement la zone des îles
  • sols de plateaux (deck- dior) sur 4.964 hectares : concernent le continent et se retrouvent un peu partout au niveau de la communauté rurale

Au niveau du Fouloum, on a:

  • sols hydromorphes ( deck ), qui occupent 4.964 hectares : Djibonker, Brin;
  • sols ferrugineux latéritiques, qui occupent 833 hectares : Enampor, Médina, Brin.

1.2. Démographie

1.2.1. Populations

Le RGPH III indique, pour la CR une population en 2003 de 3 009 personnes avec une moyenne de 7,2 personnes par ménage et un taux de croissance de 30,1 % par an, dû en grande partie, à un déplacement massif des populations qui se sont installées dans la CR qui n’a pas été très touchée par le conflit armé en Casamance.

La population de la CR d’Enampore est estimée à 9 356 personnes en 2010 et devrait atteindre 13 895 personnes en 2015, sur la base d’un taux de croissance de 9,7% par an entre 2010 et 2015.

Au plan ethnique nous avons 83,4 % de Diola, 12,8 % de Baïnounk, 2,4 % de Manjacque, et environ 1, 4 % d’autres ethnies (peul, mandingue).

Mouvement de la population

Contrairement à plusieurs zones de la région, le conflit armé en Casamance n’a pas entrainé des mouvements importants de la population.

Seuls les villages de Djibonker Manjacque et de Kamoubeul Manjacque ont été abandonnés à un moment donné du conflit armé en Casamance. A Brin et à Djibonker, il a été noté quelques départs de populations. Par contre, beaucoup de personnes se sont installées dans la communauté rurale à cause de la quiétude qui y régnait.

1.2.2. Localités

On recense 22 villages administratifs dans la CR d’Enampore mais avec le regroupement des villages de Brin en une seule entité (un seul chef de village) et ceux de Sélecky aussi, il n’existe plus que douze (12) villages à prendre en compte dans la planification (en ne tenant pas compte des deux villages déplacés), parmi lesquels dix (10) seront des petits centres ruraux de plus de 1.000 habitants à l’horizon 2015 et qui concentreront 95,5 % de la population totale de la CR. Les petites localités de moins de 500 habitants représenteront de 16,7 % des villages administratifs, ce qui est favorable à la réalisation des infrastructures communautaires. 

1.3. Activités économiques

1.3.1. L’agriculture

Le secteur agricole est, essentiellement, dominé par une agriculture sous pluies ; elle est ainsi fortement influencée par les aléas climatiques. Au plan technique, le niveau d’équipement reste faible et est de type traditionnel avec une dominance du « Kadiandou ».

On constate un faible niveau d’utilisation d’intrants et un manque d’infrastructures de conservation et de transformation qui font de cette agriculture une agriculture à caractère traditionnel et extensif.

Toutefois elle constitue un élément moteur pour le développement économique et social de la Communauté rurale.

La culture dominante est le riz. Il s’agit essentiellement de culture sous pluie pratiquée dans les bas fonds. La baisse de la pluviométrie et l’intrusion de la langue salée dans les bas fonds d’une part, et d’autre part l’insécurité, avaient conduit à une baisse progressive des superficies cultivables pour le riz ; mais depuis ces dernières années on assiste à une reprise des rizières du fait de l’accalmie et de la bonne pluviométrie.

En ce qui concerne les cultures de plateau, on a le mil, le maïs et le sorgho comme céréales.

Les cultures de rente sont les tubercules, la patate douce et le manioc. Les cultures de niébé et d’arachide sont en pleine croissance.

En saisons sèche, les productions maraîchères prises globalement connaissent une hausse progressive avec toutefois une situation instable. Ce secteur, malgré le dynamisme affiché, souffre d’un manque de professionnalisme des acteurs même si on note une présence importante de structures d’appui (ACPP, APRAN, ANCAR, PADERCA, CADL). Les contraintes notées sont la mévente des produits due entre autres à la saturation des marchés locaux, les difficultés d’écoulement vers les grands centres de consommation malgré sa proximité avec le marché de Ziguinchor.

L’arboriculture est très développée dans la zone. Elle concerne les mangues et depuis peu l’anacarde. Ces dernières années avec le problème de la mouche blanche, il y a un sentiment de découragement qui commence à s’installer autour de la production de mangues.

1.3.2. L’élevage

L’élevage dans la communauté rurale constitue une activité complémentaire à l’agriculture. Il joue un rôle important dans l’économie mais souffre de ses pratiques traditionnelles et de son caractère extensif.

Le cheptel bénéficie, par contre, d’une biomasse naturelle quasi présente toute l’année au niveau de la communauté rurale. Ces dernières années, il y a un développement de l’aviculture avec l’installation de poulaillers modernes dans la communauté rurale. L’élevage de bovins semble être en replis du fait des vols fréquents de bétails.

Au plan équipement, il faut noter une faible couverture des infrastructures pastorales.

En effet Il n’y a qu’un parc de vaccination qui n’est même pas utilisé et 7 abreuvoirs dont 5 non fonctionnels.

La flore mellifère très riche confère à la communauté rurale aussi une vocation apicole.

Estimation du cheptel de la CR Enampore

 

1.3.3. Pêche

La pêche présente des potentialités énormes dans la communauté rurale. Elle représente l’activité principale dans la zone des estuaires et est une activité importante au niveau des autres villages.

La présence du fleuve Casamance et ces nombreux bolongs, qui finissent à l’océan, ont faiblement influencés les pratiques de pêche. La pêche au filet et l’apparition de pirogues motorisées annonce une tendance à la modernisation qui cohabite avec les pirogues et techniques traditionnelles.

Les villages de Bandial, Etama, Batiguère 1 et Séléky sont les plus en vu dans le domaine de la pêche. La production qui était destinée, principalement, à la consommation familiale auparavant est de plus en plus sur le marché.

La pêche est en progression et avec elle les mises à terre depuis quelques années, malgré un équipement rudimentaire. Aujourd’hui on note l’apparition d’activités annexes telles que le mareyage et la transformation des produits halieutiques.

1.3.4. Le commerce

La situation du secteur du commerce dans la communauté rurale est marquée par une disparition des points de collecte d’arachide. Au niveau des villages on a substitué la commercialisation de l’arachide à celle des mangues, des agrumes, du poisson, des produits de cueillette et de maraîchage et de l’anacarde à certains endroits (Badiatte, Enampore, Kamobeul).

A côté de ces produits, il y a l’exploitation du vin de palme qui est largement pratiquée et dont la commercialisation est une des sources de revenu les plus importante.

D’autre part, on note la présence d’un réseau de vingt quatre boutiques pour le petit commerce qui facilite l’accès aux denrées de base. Le maillage des boutiques couvre tous les villages.

Il existe à Brin et à Essyl un petit marché non construit et non aménagé qui fonctionne tous les jours. Au plan organisationnel, il faut reconnaître que le secteur du commerce est totalement inorganisé et aussi dépourvu de structure d’appui. Il souffre de l’enclavement interne de la communauté rurale et de la proximité de Ziguinchor qui ne facilite guère le développement de marchés permanents ou hebdomadaires.

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1.4.3. Electricité

La communauté rurale est faiblement couverte au plan énergétique. En effet, seuls les trois (3) villages sur l’axe Ziguinchor-Oussouye sont connectés aux réseaux électriques de la SENELEC. Pour faute d’extension, le village d’Enampore, chef lieu de la communauté rurale n’est pas encore électrifié.

Pour l’énergie solaire, il commence à se propager dans la communauté rurale auniveau de certaines infrastructures sociales (écoles ; postes de santé, cases de santé).

 

 

Source: Plan local d’hydraulique et d’assainissement - PLHA - communauté rurale d’Enampore (PDF 2,9 Mo)